Déchirer, créer

Sujet : "Déchirer, créer". Réalisez une production artistique personnelle en déchirant.

I. Jean Arp et les papiers déchirés

Le peintre Jean (ou Hans) Arp (1886-1966) s'inspire à partir de 1916 des "lois du hasard" pour créer des oeuvres. Il déchire une feuille en morceaux et disperse ensuite ceux-ci de façon aléatoire sur une toile en les laissant tomber. 

L'intervention de l'artiste est réduite à très peu. Il réalise un geste minimal (déchirer le papier) et s'en remet au hasard pour la disposition des morceaux sur le support.

Il bannit alors toute volonté, tout choix, toute maitrise dans la composition. 

Jean Arp faisait parti du mouvement Dada. Ce mouvement proclame à partir de 1916 le mépris pour les valeurs de l'époque et notamment celles qui dominent dans l'art. Pour les artistes de Dada, l'art ne doit pas avoir de limites et doit pouvoir permettre de contredire la société avec des oeuvres qui ne veulent rien dire, sans aucune logique. Le mot Dada a été trouvé au hasard dans le dictionnaire et ne désigne rien sinon un cheval pour un enfant. Dans ce mouvement, humour et dérision sont mis en avant. C'est dans cet esprit que Jean Arp crée ces oeuvres selon les "lois du hasard" pour faire réagir les spectateurs. Ces collages auraient pu être réalisés par n'importe qui. Il veut alors montrer que le peintre peut faire ce qu'il veut, qu'il n'est pas obligé de montrer le réel. 

 

Jean Arp, Papier déchiré, 1930

Jean Arp, Sans titre (ou Collage avec carrés disposés selon les lois du hasard), 1916

II. Jacques Villeglé et le lacéré anonyme

"En prenant l'affiche, je prends l'histoire" Jacques Villeglé.

Jacques Villeglé est un artiste français né à Quimper en 1926. 

Il utilise presque exclusivement des affiches lacérées dans sa production plastique.

 

Villeglé intervient très peu sur ces affiches qu'il prélève dans la rue lors de ses flâneries nocturnes. Il se contente de repérer des affiches déjà lacérées par des inconnus ("principe du lacéré anonyme"), de les décoller puis de les maroufler (il les fixe sur un support plus solide : la toile).

"Son travail consiste plutôt à laisser émerger du chaos urbain les beautés cachées dans les épaisseurs de papier déchiré par des mains anonymes, qui ont parfois aussi écrit sur les affiches ou les ont maculées"

Cf, mediation.centrepompidou.fr/education/ressources.ENS-villegle/ENS-villegle.html 

Après la Libération, Jacques Villeglé s'inscrit à l'Ecole des Beaux-Arts de Rennes dans l'idée de devenir architecte. En 1945, il fait la rencontre d'un autre artiste, Raymond Hains avec qui il va beaucoup travailler. Tous les deux cherchent des solutions pour traduire au mieux ce qu'ils voient. Leur vient alors l'idée de l'appropriation. Villeglé ne restera que peu de temps à l'École des Beaux-Arts. 

A partir de 1947, Villeglé se met à collecter des objets trouvés et des prospectus. Il réalise des sculptures avec des fils d'acier rouillés.

Peu de temps après il commence à prélever sur les murs des morceaux d'affiches lacérées par des inconnus. Dans un premier temps, ce sont surtout des affiches de concerts et de films. Les récolter revient à chercher à s'emparer du monde et à sauver quelque chose du temps qui passe. Une affiche est ce qui transmet une part de notre culture, de nos intérêts : déchirée, elle prend un autre sens et devient une critique de la culture dominante. Les oeuvres de Jacques Villeglé ont donc une dimension politique.

A travers ses oeuvres, on voit les transformations du style des affiches au fil du temps ainsi que les modifications concernant la place de l'affiche dans l'espace public. A partir des années 1980, toutes celles qui sont mal placardées sont enlevées. On cherche à éradiquer l'affichage sauvage.

Jacques Villéglé, Carrefour Sèvres-Montparnasse, Juillet 1961

Jacques Villéglé, Fils d'acier, Chaussée des Corsaires, Saint-Malo, août 1947

Jacques Villeglé à Paris, 14 février 1961

Jacques Villeglé, Rue Desprez et Vercingétorix, "La Femme", 12 mars 1966

Questions : 

Rédigez les réponses à ces deux questions sous la forme d'un petit texte tapuscrit (texte tapé sur un outil informatique) qui explique votre travail. Vous ferez attention à la présentation de celui-ci (choisir une typographie adaptée, donner un titre au texte, mettre en valeur les informations les plus importantes, ajouter des images, etc.)

Compétences évaluées : 

. S'exprimer, analyser sa pratique. Dire avec un vocabulaire adapté ce que l'on fait, ressent, imagine, observe, analyse. (Arts 3.1)

. S'exprimer, analyser sa pratique. Etablir des liens entre son propre travail, les oeuvres rencontrées ou les démarches observées. (Arts 3.2)

. Mobiliser des outils numériques pour apprendre, échanger, communiquer. Utiliser des outils numériques pour réaliser une production (scientifique, artistique, expérimentale, document multimédia, etc.) (D2 4.1)

. Mettre en oeuvre un projet. Faire preuve d'autonomie, d'initiative, de responsabilité, d'engagement et d'esprit critique dans la conduite d'un projet. (Arts 2.4)

1. Qu'avez-vous déchiré pour répondre au sujet ? Comment avez-vous procédé pour réaliser votre travail ? 

2. Expliquez votre projet en essayant d'établir des parallèles avec le travail de Hans Arp et/ou de Jacques Villeglé.

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