Le quotidien d'Emilien

Objectifs :

Mobiliser des moyens plastiques pour raconter. 

Découvrir la place de la vie quotidien dans les arts plastiques

Sujet : Emilien est un adolescent. Raconte son quotidien à travers une production artistique.

Au choix. Dessin, peinture, photographie, vidéo, sculpture, etc.

4 séances

Comprendre la place donnée au quotidien dans les arts

I. Les débuts du quotidien dans la peinture

Le quotidien n’a pas toujours eu sa place dans le champ des arts. En effet, on a longtemps favorisé les thèmes religieux et d’histoire, jugés plus nobles. La peinture de genre (illustration des scènes de la vie quotidienne, dont les personnages sont des humains anonymes) apparait au XVIe siècle mais ne devient un genre apprécié qu’à partir du XVIIe siècle.

Pieter Bruegel l'Ancien, Danse de paysans, vers 1568, huile sur toile

Le Caravage, La Diseuse de bonne aventure, 1596-1597, huile sur toile.

Jean-François Millet (1814-1875) nous donne à voir le quotidien de trois femmes, de trois glaneuses (femmes qui sont autorisées à passer rapidement avant le coucher du soleil dans les champs moissonnés pour ramasser à la main les épis oubliés). Le peintre nous montre ces femmes, le dos courbé comme trois phases d’un mouvement répétitif et éreintant. La tenue simple de ces femmes s’oppose avec l’abondance de la moisson que l’on peut apercevoir au loin. La lumière rasante du soleil couchant souligne les mains, les nuques, les épaules et les dos de ces trois femmes. A l’arrière-plan, le personnage que l’on aperçoit est un régisseur chargé de surveiller les moissons et de veiller à s’assurer que les glaneuses respectent bien les règles liées à leur activité.

Jean-François Millet, Les Glaneuses, 1857, huile sur toile

II. Le quotidien dans l'art d'aujourd'hui

La notion de quotidienne comme sujet de réflexion pour les philosophes et pour les artistes n’existe que depuis peu. Des artistes contemporains vont s’en emparer pour la questionner ou puiser dans leur existence pour créer des oeuvres singulières.

. On Kawara donne à voir la répétition, le quotidien, à travers un série de tableaux : ses Date pantings. Ce sont des tableaux monochromes que l’artiste peint régulièrement depuis 1966 en indiquant la date de leur réalisation dessus. Chaque tableau est réalisé en un seul jour, s’il n’est pas terminé à la fin de la journée il est détruit.

La réalisation même de ces toiles devient le quotidien de cet artiste car il y passe plusieurs heures par jour.

. La photographe américaine Nan Goldin photographie ses amis et partage sa culture lesbienne, gay ou travestie. La globalité de son oeuvre dresse un portrait des milieux marginaux du New-York des années 1980.

Si dans un premier temps elle photographie ses amis, les fêtes auxquelles elle assiste, ses photographies deviennent par la suite plus tragiques quand le Sida commencera à faire rage autour d’elle.

Les photographies de Nan Goldin nous donne à voir son intimité mais aussi plus largement des modes de vie et permettent de témoigner d’un temps révolu. 

Le quotidien à l’inverse de l’exceptionnel est ce qui se répète, le train-train, la routine. Si l’on souhaite représenter le quotidien il ne faut pas vouloir choquer mais au contraire répéter, souligner des moments que l’on ne voit plus à force de les vivre.

. La cinéaste Chantal Ackerman nous donne à voir dans son film Jeanne Dielman 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles trois jours de la vie d’une femme étouffée par la répétition de son quotidien. Ce film de 1976 dure trois heures et dix huit minutes. Ce n’est qu’à la fin du film que la réalisatrice rompt ce quotidien et que l’on sort de l’ordinaire en étant les témoins d’un meurtre. L’attention du spectateur est mise à rude épreuve, il est lui-même étouffé par le quotidien qui enferme cette femme dans la monotonie de sa vie. 

. Jorgen Leth dans 66 Scenes from America (1982) nous donne à voir des moments de la vie aux Etats-Unis. Le film est dur à regarder car ce sont des moments sans liens qui appartiennent à la vie quotidienne et qui s’éloignent des images chocs que nous avons l’habitude de voir à la télévision et sur internet. 

. L’artiste Andy Warhol va encore plus loin dans son film intitulé Sleep en 1964. Il nous donne à voir plusieurs segments représentants le poète John Giorno en train de dormir. Le film devait initialement durer huit heures (la durée d’une nuit de sommeil). Le montage final dure cinq heures et 21 minutes. 

. Le film des frères Louis et Auguste Lumière, La sortie de l’usine Lumière à Lyon, 1895 (0’37’’), l’un des premiers films de l’histoire du cinéma, nous donne à voir non pas une histoire filmée mais une scène de la vie quotidienne de nombreux ouvriers. 

Si le quotidien, le banal entre dans le champ des arts plastiques et du cinéma c’est aussi pour nous mettre en garde contre des images faites pour capter notre attention mais qui ne sont pas le miroir de ce que nous vivons, de notre vie quotidienne.

Photographier ou filmer le quotidien permet de garder une trace, c’est aussi ce que nous partageons (notre quotidien se ressemble sans pour autant être identique). Photographier ou filmer le quotidien c’est aussi le regarder sous un nouveau jour.

Questions : 

Répondre sur un document séparé. Ne pas oublier d'indiquer son nom, son prénom et sa classe. 

Compétences évaluées : 

. Ecrire. Etre capable de donner des réponses écrites développées et argumentées à des questions de compréhension et d'analyse d'un texte et/ou d'une image. (D1.1 4.1)

. Maitriser l'expression de sa sensibilité et de ses opinions, respecter celles des autres. Expliciter les émotions ressenties. (D3 1.1)

. S'exprimer, analyser sa pratique. Dire avec un vocabulaire adapté ce que l'on fait, ressent, imagine, observe, analyse. (Arts 3.1)

I. Exprimer ses émotions, un avis, lire et chercher des informations dans un texte. 

1. Qu'est-ce que la peinture de genre ? Expliquez avec vos propres mots. 

2. Que font les femmes dans le tableau de Jean-François Millet ? Donnez le nom de leur métier et expliquer en quoi il consiste.

3. Pourquoi, à votre avis, Jean-François Millet a-t-il choisi ces femmes au travail comme sujet de son tableau ? 

4. Expliquez le travail de On Kawara. 

5. Que ressentez vous face aux photographies de Nan Goldin et pourquoi ? (Comment vous sentez-vous en regardant les photographies de l'artiste et qu'est-ce qui provoque chez vous cette émotion ? )

Répondre par trois mots minimum

6. Que fait Jeanne Dielman pendant l'extrait du film de Chantal Ackerman ? Quel est l'effet produit par un plan aussi long sur une action à priori banale ? 

7. Que voit-on dans le film des frères Lumières de 1895 ? 

8. Que pensez-vous de l'idée de filmer ou de photographier son quotidien ? Le faites-vous ? 

II. Analyser sa pratique/ Exprimer une intention : 

9. Expliquez le travail plastique que vous avez réalisé pour répondre au sujet. (trois phrases minimum)

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